Les PÈLERINS DANS LES LANDES

La traversée du département des Landes n'était pas aisée. 1"Au début du XIXe siècle, les vieilles cartes en font foi, la Lande n'était couverte de pins et peuplée que sur ses lisières, ou sur ses vieilles dunes, ou au bord des rivières : partout où la pente permettait un drainage naturel. Ailleurs, l'immense plateau landais, solitaire et nu, n'était qu'un pauvre pays marécageux et malsain, terreur des pèlerins qui s'acheminaient vers Saint-Jacques de Compostelle. La légende en fait un pays d'épouvante, habitée de populations presque sauvages..." "Pour traverser (les landes), dit l'auteur du Codex, il faut trois jours de grandes fatigues... En été, protégez soigneusement votre visage contre les mauvaises mouches, les guêpes et les taons, qui abondent dans la contrée. Il faut prendre garde aussi à bien poser son pied sur le sable... pour ne pas enfoncer jusqu'au genou".

Que dire lorsque le pèlerin rencontrait un homme monté sur des échasses, un grand bâton sur lequel il s'appuie pour s'arrêter, un fusil suspendu derrière son dos, une peau de mouton pour se protéger du froid... 

Les pèlerins de Saint-Jacques suivaient, à travers les plaines gasconnes, trois chemins différents :

1) la route du littoral s'amorçait à Soulac, où débarquaient les pèlerins anglais, et se poursuivait vers le Sud par Grayan, Lacanau et le Porge. De Lamothe, où elle franchissait la Leyre, à Saint Girons, elle suivait, le long des étangs, le même parcours que l'ancienne voie romaine de l'Ouest. A partir de Saint-Girons, les pèlerins avaient le choix entre deux itinéraires : celui de l'intérieur qui, par Dax et Sorde, menait à Roncevaux ; celui du littoral, qui se dirigeait vers Bayonne par Soustons et Capbreton.

2) Une seconde route traversait la lande à l'intérieur du pays. Venus de Paris par Tours et Poitiers. Les pèlerins franchissaient la Garonne à Bordeaux, puis, pénétrant dans la région des sables, passaient par Belin, Lisposthey, Labouheyre et atteignaient Castets. De là, ils pouvaient, à leur chois, se diriger sur Dax ou sur Bayonne.

1Cette route de Bordeaux à Bayonne était, en dépit des difficultés et des fatigues que les sables imposaient aux voyageurs, la plus fréquentée de toutes, non seulement parce qu'elle offrait le trajet le plus direct aux pèlerins venus du Nord de la France, mais surtout parce qu'elle était comme consacrée par les plus vénérés des sanctuaires de la légende. Les récits naïfs des pieux voyageurs, leurs complaites et leurs cantiques l'on cent fois décrite : "Pour travers (les landes), dit l'auteur du Codex, il faut trois jours de grande fatigues... En été, protégez soigneusement votre visage contre les mauvais mouches, les guêpes et les taons, qui abondent dans la contrée. Il faut prendre garde aussi à bien poser son pied sur le sable... pour ne pas enfoncer jusqu'au genou".

3) La troisième vient de Vézelay. De Bazas elle arrivait par les Petites Landes à Mont de Marsan, puis Saint Sever. Elle passait ensuite par le Béarn.

Le pèlerin portait un long surcot avec une capuche. Il était coiffé d'un chapeau de feutre à large bord. Des insignes étaient cousues sur le chapeau : la coquille, la gourde du pèlerin attaché à la ceinture. Le pèlerin était muni d'une panetière, sac dans lequel il mettait du pain et quelques provisions. Il avait un long bâton : le bourdon pour s'aider dans sa marche et se défendre.

Aujourd'hui, le pèlerin à son sac à dos et son sac de couchage. Il a gardé le bourdon et l'insigne de la coquille.

1 Paysages et Gens des Landes - Émile Pringent et Louis Papy (1935)

- JACQUES FILS DE ZÉBÉDÉE
- PÈLERINAGES
- SAINT PAUL LÈS DAX